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            Le vent se déchaînait, soufflant le plus fort qu’il semblait pouvoir comme s’il était dans une colère noire. Une colère impitoyable qui rendait celui-ci insensible à toute détresse, à toute tristesse, n’accordant sa clémence à rien ni personne. Il balayait les plaines gelées de Niflheim, une planète où seule la nature avait encore des droits. C’était un monde fait de neige et de glace qui semblait bien vide. Mis à part le doux vrombissement du vent entre deux tempêtes, il n’y avait rien à entendre, nulle âme qui vive... Les températures extrêmes et autres intempéries avaient peut-être eu raison de ceux qui vivaient sur Niflheim.

            Le vent s’était calmé. La neige fraîche crissait sous chacun de ses pas, fendant l’étendue désertique du bruit si particulier qu’elle produisait en s’écrasant. Il marchait à une allure modeste mais certaine. Les traces de pas derrière lui témoignaient de son incroyable périple dans cette plaine d’un blanc pur. Le ciel légèrement jaune était empli de nuages épais filtrant la lumière, ce qui rendait les journées assez sombres. Il ne pouvait pas compter sur les quelques rayons qui lui parvenaient pour le réchauffer dans ce froid permanent. Ce dernier était supportable pour quelqu’un de correctement couvert, mais dés que le vent se levait la température semblait chuter jusque dans les abîmes. Son gros manteau de fourrure à l’aspect très artisanal constituait son premier rempart contre ce froid. Il était habillé de couleurs foncées pour gagner quelques degrés car le clair réfléchissait la lumière du soleil et sa chaleur par la même occasion. Son visage était caché derrière ce qui semblait être un masque à gaz assez spécial, lui-même protégé par quelques épaisseurs de fourrure devant et une grosse capuche à l’arrière. On ne voyait pas ses yeux à cause de la teinture des verres de son masque. A vrai dire, il n’y avait pas la moindre partie de son corps de visible ; des bottes aux gants en cuir renforcés, rien n’était en contact avec cet air glacial qui l’entourait. Cette personne avait l’air normale et pourtant il dégageait d’elle une certaine sensation de puissance, d’assurance, qui faisait que l’on aurait aimé être à ses coté en cas de danger. Un point particulier contredisait pourtant cette normalité : à droite de sa tête dépassait de son dos un manche rouge finement décoré dont le reste était caché dans un fourreau. Il s’agissait sans doute d’une épée ; dans un endroit pareil il valait mieux assurer ses arrières. Sur son épaule gauche reposait la lanière de sa besace portée en bandoulière, celle-ci avait l’air bien garnie.
Il avançait dans le silence sans dire mot, regardant parfois au loin. Il semblait écouter le silence paisiblement, comme si il se promenait dans un jardin verdoyant. Il était fort, les éléments n’atteignaient pas son mental et la situation ne l’aurait pas désespéré. Et de toute façon il n’avait guère le choix, dans ces plaines hostiles, c’était marcher ou mourir.
Son allure diminua soudain puis il s’arrêta en relevant la tête. Alors que la neige ne chantait plus sous ses pas, il laissa ses oreilles lui dicter ce qu’il devait entendre. Au loin derrière lui, un bruit à peine perceptible ne put lui échapper tandis que d’un geste réflexe il mit sa main droite sur le manche de ce qui pouvait être une épée. Un bruit rapide et répétitif dans la neige : quelqu’un ou quelque chose approchait à vive allure. Quelques secondes s’écoulèrent avant que la silhouette d’un animal se dessine dans la brume. Il ne prit même pas la peine de tourner la tête ou d’émettre une quelconque émotion face à ce danger potentiel. Il se contenta de regarder dans sa direction d’un mouvement rapide de l’œil puis le fixa. Un animal à quatre pattes courait droit dans sa direction, peut-être un loup ou un gros chien. Quand le canidé ne fut plus qu’à quelques mètres de lui, il se retourna enfin pour se retrouver face à lui… Contre toute attente il abaissa alors son bras devant l'animal qui s'arrêta aussitôt.
– Tchyétskoy… mon ami, murmura t-il à l’animal.
Il mit un genou à terre pour se retrouver à sa hauteur et le caressa, content de revoir son compagnon de route avec qui il avait parcouru tant de chemin déjà. C’était un magnifique canidé ressemblant à un loup – peut être en était-ce un d’ailleurs – de couleur blanche et marron. Celui-ci était tout aussi enthousiaste de revoir cet humain alors même qu’il ne l’avait quitté que quelques minutes pour gambader ici et là. Il émit de petits bruits tout en baissant la tête. Il semblait très docile malgré son apparence sauvage. C’est sur cette note de gaîté qu’ils se remirent en route.
Ils profitaient de leur voyage pour s’émerveiller devant un paysage fait d’une infinité de formes et de nuances que constituaient les montagnes au loin mais aussi les rochers et autres pics formés par la glace et modelés au fil des tempêtes. La nature révélait ses talents de sculpteuse et se permettait toutes les folies. La glace avait au moins cet avantage artistique, mais la végétation se faisait rare aux alentours ; il en était de même partout ailleurs. Il n’était pas chose aisée de se nourrir. Il fallait faire la cueillette ou chasser. La planète n’était qu’un désert de glace et un désert humain. En effet, seule une poignée d’êtres vivants parvenaient à rester en vie dans cet environnement où la nature pouvait décider de les emporter à tout moment. Ils devaient être quelques milliers ou dizaines de milliers. Nul ne pouvait le savoir. On ne pouvait compter sur personne, les rares rencontres qui pouvaient se produire risquaient bien souvent de se terminer en vols ou tromperies. C’était l’instinct de survie qui voulait ça, les gens n’étaient pas forcément mauvais mais ils devaient s’en remettre à de lâches actions s’ils voulaient manger ou se vêtir. Mais il est vrai qu’il y avait aussi des groupes de pirates sans moral et sans limite qui voulaient s’enrichir au détriment de ceux qui parcouraient seuls les plaines de Niflheim.
La nuit commençait à tomber, un moment où il ne fallait pas tarder à trouver un abri. Les nuits étaient très noires, dépourvues d’étoiles à cause des nuages. La planète possédait bien un satellite naturel qui aurait pu permettre de réfléchir la lumière du soleil sur celle-ci la nuit mais la même raison rendait ce dernier invisible. Quoi qu’il en soit, voir les étoiles n’était pas son plus grand souci pour le moment ! Il s’approcha d’un monticule de neige d’environ trois  mètres de haut et en tâta la surface. Celle-ci n’avait pas l’air trop dure.
– Nous avons bien marché aujourd’hui. Nous allons passer la nuit ici.
Comme la plupart des nuits, le paysage accidenté allait lui offrir la chance de pouvoir creuser en celui-ci un abri ! Il sorti de sa besace une pelle pliante et commença à évider une partie de ce rocher glacé pour se faire un genre d’igloo. Par expérience il savait reconnaître où creuser. La neige ne devait pas être trop dure pour pouvoir la travailler mais elle ne devait pas être trop molle pour ne pas s’effondrer. La tâche était fastidieuse car il comptait se faire une grotte artificielle de deux mètres sur deux avec une hauteur sous plafond d’au moins un mètre, de quoi tenir assis.
– Tu pourrais m’aider quand même, dit-il à son chien en souriant.
Il aimait lui parler. C’était pour ainsi dire son seul ami, la seule personne avec qui il pouvait converser, du moins dans un sens ! Et c’était surtout le seul être à qui il pouvait vouer une entière confiance. L’animal mit sa truffe ici et là en gratouillant la neige. On aurait presque cru qu’il avait compris ce qu’on lui avait dit et voulait plaisanter en disant « Tu vois, je t’aide ! ». Ces moments de complicité réchauffaient toujours autant le cœur du brave qui continuait de creuser. La nuit était déjà tombée quand il eût fini son excavation. Il tassa la neige du revers de sa pelle pour harmoniser le sol. Puis il referma l’entrée de son petit nid avec de la neige pour se protéger du vent. Il sortit de sa poche un briquet tempête et l’alluma, éclairant l’obscurité de cette flamme vacillante et apaisante. Après avoir posé son briquet au sol, il prit une couverture qu’il posa à terre et son chien vint s’allonger dessus. Il ôta ses gants pour le réchauffer de caresses puis referma la couverture pour l’emmitoufler dedans. Il retira sa besace et en sortit un sac en plastique. Il se délesta ensuite de son fourreau ainsi que de son masque à gaz et les déposa dans un coin. Dans le sac en plastique se trouvait un morceau de viande, son dernier morceau. Celui-ci était déjà cuit, il le fit juste réchauffer au dessus de son briquet en le tenant du bout d’une pointe métallique qu’il sorti de sa ceinture. Il avait plusieurs de ces flèches métalliques – pointues que d’un coté – disposées sur sa ceinture comme des munitions sur une cartouchière. Une fois son repas terminé, il vint s’allonger aux cotés de l’animal qui regardait la lueur de la flamme, espérant peut-être qu’elle pourrait le réchauffer. Hélas elle était bien trop faible pour cela.
Hmmm, la prochaine fois j’essaierai de te trouver une vraie grotte, et on fera un feu de camp, tu verras.
Ainsi fut sa dernière pensée tout en sentant le sommeil l’emporter.

            Plusieurs heures plus tard, il se réveilla doucement à cause des gesticulations de son chien. Le briquet éclairait toujours la pièce qui serait sans ça plongée dans le noir. Son incroyable autonomie lui était conférée par sa pile atomique qui remplaçait le carburant d’autrefois. Cette micro pile surpuissante, pour une utilisation si modeste qu’une flamme, pouvait durer bien plus de temps que la vie d’un homme eût permit de la voir.
– Ha encore une belle journée qui s’annonce, ironisa t-il.
Sans voir la lumière du jour dont la neige les préservait, il savait que c’était le matin. Il le sentait et puis son chien se trompait rarement. Il s’assit et laissa passer un quart d’heure, le temps de bien se réveiller et de songer à nombre de choses. Enfin, il rangea son briquet et remit ensuite son masque ainsi que tout son matériel et empoigna la pelle pour percer la porte de glace. Elle s’écroula presque d’un coup sous la force de l’outil. Une vive lumière blanche l’éblouit malgré ses verres teintés jusqu’à ce que ses yeux s’adaptent à la lumière du jour. Passées quelques minutes c’était beaucoup moins impressionnant, la lumière n’était pas si forte que ça car le ciel légèrement jaune ne se séparait jamais de ses nuages faisant barrage au soleil. Il laissa l’abri intact derrière lui et repartit dans la même direction que la veille, l’avant-veille et tous les autres jours… Il ne comptait donc pas revenir par ici mais l’abri pourrait toujours sauver une personne passant par là en plein blizzard ; si toutefois la chance lui permettrait de l’entrevoir.



            A plusieurs kilomètres de là, près d’un arbre enneigé, un animal sauvage raclait le sol glacé pour y dénicher quelques brins d’herbe. Il s’agissait d’un furtac, un prédateur très vif et agressif. Il ne devait pas être en bonne forme pour s’en remettre à manger de simples herbes. Mais les proies se faisaient rares. Sa fourrure cyan argentée était très caractéristique, c’était le seul animal de cette couleur sur la planète. Il ressemblait à un tigre mais était plus fin, le visage plus allongé, avec le poil long et sans rayures. Et ses dents n’avaient rien à envier à celles d’un tigre. Ils étaient aussi plus grands puisqu’ils mesuraient deux mètres de long et plus d’un mètre de haut. Il aurait presque été possible de les chevaucher s’ils n’étaient pas si sauvages. L’animal arrachait du sol des morceaux entiers de glaces, sous le poids de ses griffes agiles. Il remuait dans tous les sens, cherchant encore et encore un peu de verdure sous ce manteau blanc. Il mangeait gloutonnement les quelques herbes qu’il trouvait. Il n’y avait pas de vent, cela empêchait son flair de sentir une quelconque proie qui pourrait passer au loin. Enragé, il donna un coup de griffe dans l’arbre, puis un autre et encore un autre. Au quatrième impact, l’arbre s’avoua vaincu et s’abattit lourdement sur le sol. Le bruit fut étouffé par les branches qui amortirent sa chute dans la poudreuse. Tout redevint aussitôt calme, comme si rien ne se fut produit. C’est alors que le furtac affamé s’en alla. Avec le brouillard il ne savait pas où il allait ; de toute manière il n’avait plus grand espoir de survie. Il avançait juste pour ne pas laisser la mort le rattraper, il ne le voulait pas.
Soudain un miracle se produit, comme si le destin l’avait entendu. Il vit loin devant deux silhouettes : un animal plus petit que lui et un bipède bien lent, qui s’approchaient dans sa direction. Ses deux nouvelles proies ne l’avaient pas repéré et elles seraient certainement faciles à tuer. C’est alors qu’il réfléchit à un moyen d’avoir les deux en même temps…



            Le milieu de journée arrivait, tandis que lui et son chien continuaient leur marche dans la neige poudreuse du matin. Il sifflotait pour s’occuper, cela faisait un bruit assez étrange à cause de son masque mais ce n’est pas son compagnon à quatre pattes qui allait s’en plaindre. Il repensait au passé, à ce qui l’avait poussé à faire ce voyage au milieu de nulle part. Entretenir ses souvenirs était important, il ne se passait pas grand-chose en des temps pareils alors les quelques souvenirs qu’il avait devaient rester en lui au lieu de s’envoler, chassés par l’oeuvre du temps. Il fut brusquement arraché de ses pensées et se retrouva propulsé à terre sans comprendre ce qu'il s’était passé. Son cœur battait à toute allure. Son regard balaya tout autour de lui mais il était trop étourdi par le choc pour raisonner normalement. Son chien poussait des cris et des aboiements, faisant face à de puissants grognements rauques à glacer le sang. Il sentait une agitation autour de lui, un fracas de bruits et de mouvements qu’il ne put analyser sur l’instant. Il se roula sur le sol pour s’écarter tout en reprenant rapidement ses esprits. C’est alors qu’en se relevant il vit un furtac enragé attaquer violemment son chien. Il n’en avait jamais vu de près car il savait qu’il fallait les éviter à tout prix. Celui-ci était intelligent, il les avait surpris par derrière et s’était attaqué en priorité au plus rapide des deux.
– Tchyétskoooyyy ! S’écrit-il, apeuré qu’il arrive malheur à son ami.
Le chien n’était pas de taille pour lutter malgré sa force supérieure à ses semblables. Et pourtant il faisait face à l’horreur, protégeant l’humain aussi longtemps qu’il le pourrait.
Je ne peux pas l’attaquer au corps à corps ça serait trop risqué, je dois absolument rester à distance pour l’attaquer.
Il sortit de l’intérieur de son manteau un genre de pistolet avec un large  chargeur à l’avant. Il appuya sur un bouton ; de chaque coté de l’arme un arc métallique se déplia et une corde se tendit dans un bruit de mécanique : clac clac… C’était une turbalète, une arbalète qui tirait en rafale par tirs successifs du coté gauche et droit, le tout rechargé par le magasin de trente flèches à l’avant. Ce genre d’arme paraissait assez rudimentaire à première vue par le type de projectiles utilisés, mais il n’en était rien. Le mécanisme était impressionnant et l’arme très compacte. Aussitôt que l’arme fut déployée, il tira sur l’animal à fourrure bleue qu’il avait déjà dans son viseur. Les flèches fusaient sur lui avec un bruit aigu. La cible fit un mouvement en arrière, s’éloignant du chien avec qui il se battait, puis il fit des mouvements en zig zag pour éviter les flèches en vain tout en s’approchant du tireur dans une rage folle. Le clappement répétitif de la turbalète se tut.
Les flèches ne sont pas assez puissantes contre lui ! Un chargeur vidé et il est toujours debout. Je vais devoir changer de tactique. Mais… non je ne peux pas faire ça… c’est trop risqué.
Il avait manifestement une idée derrière la tête. Ni une ni deux il se retourna et courut aussi vite qu’il put, sachant que le félin bleu pouvait le rattraper aisément. Et le fauve se mit effectivement à le pourchasser.
Tchyétskoy c’est à toi de jouer mon chien, on va voir si je te connais si bien que ça. Mon plan dépend là de ce que tu feras maintenant…
Alors que le félin n’était plus qu’à un poil de sa proie, le chien ne put s’empêcher d’aboyer pour attirer celui-ci vers lui. Tandis que l’homme courait toujours pour prendre de la distance, le furtac se retourna brusquement, il regarda le pitoyable animal qui n’était pas en bon point, ce n’était plus une menace pour lui. Apres quelques brèves secondes il se retourna de nouveau pour traquer l’humain mais fut stoppé dans son élan en voyant ce dernier, qui lui faisait face dix mètres plus loin, le visant de son arme. . Pourquoi avait-il donc interrompu sa fuite ? Etait-ce là du courage ou de la folie ? Le félin eut à peine le temps de se poser ces questions que l’homme pressa la gâchette et tira une flèche, une seule. Cette dernière atteignit sa cible en provoquant une explosion si forte qu’elle en propulsa le tireur dans les airs sur plusieurs mètres, lequel retomba par une habile pirouette sur ses jambes, un genou et une main à terre. Cette cascade était très étonnante, à s’en demander comment il y était parvenu. Il se remit debout et rengaina son arme dans son manteau. S’approchant du furtac en marchant, il repensa à son plan : s’éloigner du fauve pour pouvoir lui tirer une flèche explosive était très ambitieux vu la vitesse de l’animal. Si son chien n’avait pas voulu le sauver, sa course aurait été la dernière. Et puis il avait juste eu le temps de remplacer son chargeur vide par celui contenant des flèches spéciales avec des pointes explosives. Le furtac gisait sur le sol rougi par la dureté du combat, il avait eu son compte. Pourtant son seul souhait était de survivre, il n’avait aucune méchanceté en lui, mais voilà dans la nature un seul peut gagner et aujourd’hui il dû reconnaître une force de résistance à laquelle il n’était plus habitué. Il avait sous-estimé ses proies et cela lui coûta la vie. Maintenant il allait permettre de nourrir son gibier devenu prédateur et le cycle de la vie continuera.
Il alla ensuite vers son ami canidé et le prit dans ses bras. Le pauvre avait été gravement blessé lors du combat. Le chien tourna la tête et l’on put voir sur la partie gauche de son crâne… C’était incroyable, indescriptible. Au niveau de l’œil et tout autour sur dix centimètres, il n’avait plus de peau mais l’on y voyait du métal. Son œil brillait d’une lumière bleue. C’était un cyborg ! Son squelette était fait de métal. Ç’avait beau être une machine, il n’en avait pas moins une conscience comme un véritable être vivant. Il essaya de calmer son chien qui gémissait. Il n’était nullement étonné de ce qu’il avait vu, en effet il savait que son ami était fait de métal. C’est pour cette raison qu’il ne lui avait pas donné à manger la nuit dernière, ainsi qu’à tous les repas ; il n’en avait nul besoin.
– Je n’ai pas su te protéger, il est arrivé si vite, j’aurais du être plus vigilant.
Le chien le regarda, semblant lui dire qu’il n’avait pas à se faire de tels reproches. Ce dernier tenta de se remettre sur ses pattes mais tituba.
– Repose toi, lui dit-il doucement tandis que la bête s’endormait déjà.
Il sortit la couverture de son sac et l’enroula autour de l’animal puis retourna vers ce qui restait du furtac. Il retira une à une les flèches de métal qu’il avait tirées frénétiquement lors du combat puis les remit dans le chargeur. En effet il économisait le peu de munitions qu’il avait et les flèches avaient l’avantage d’être récupérables. Sa turbalète n’était animée ni par électricité, ni par gaz ; un ressort dans la poignée permettait de tendre les cordes et charger les flèches pour plus d’un chargeur. Sa flèche explosive était en revanche perdue mais il lui en restait encore ainsi que des flèches ayant d’autres caractéristiques. Il prit quelques morceaux de viande et les mit dans son sac blanc qu’il rangea ensuite dans sa besace. Il garda également les griffes de l’animal qui ont une bonne valeur marchande et peuvent servir d’arme ou d’outil. Sa fourrure était malheureusement trop abîmée pour lui servir.
C’était comme ça sur Niflheim ; il fallait se débrouiller par ses propres moyens, la vie était dure en tout point mais il fallait s’en accommoder.
L’homme retourna vers son chien et le prit délicatement dans ses bras en le soulevant. Il le regarda un moment puis releva la tête droit vers l’horizon. C’est l’un contre l’autre qu’ils s’en allèrent de ce champ devenu rouge. La neige chantait de nouveau sous ses pas, mais elle n’avait plus le même La.



            La nuit était tombée, le feu de camp crépitait depuis maintenant une heure dans la caverne. Le chien allongé regardait avec nostalgie la beauté des flammes en sentant la chaleur lui parvenir avec douceur. L’humain était allongé contre lui, un bras sur le coté de sa tête en guise d’oreiller et l’autre sur le flanc de l’animal. Devant ce tout dernier spectacle, les yeux du chien se fermèrent doucement dans le silence de la nuit…

Telle était la dure loi de Niflheim.
Mais ce monde de glace ne se fut pas toujours nommer ainsi.
Il y a de cela bien longtemps, nous l’appelions… la Terre.

FIN DE L’EPISODE


Auteur :  kiba le veilleur Nombre de lectures :  1759 (dont 2 aujourd'hui)
Date de sortie :  17 janvier 2009 Commentaires :  [ Voir / Ajouter ] Creative Commons License
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